Municipales 2026. Comparaisons et observations

Du point de vue de l'ACVDY, voici quelques commentaires sur les listes et leurs programmes ainsi que des observations en rapport avec le contexte Dampierrois.

Enracinement des candidats en tête de liste :

Comme enracinement à Dampierre, il serait difficile de se faire mieux noter que Mme Cauzot, Dampierroise, petite-fille de Claude Dumond, maire de 1961 à 2001 et premier président du Parc naturel. À 92 ans, sans surprise, il la soutient. Mais elle est également soutenue par deux des trois successeurs de Dumond, Nicolas Thieffry (2001-2014) et Jean-Pierre de Winter (2014-2018). Jusqu'à récemment à la tête d'une agence immobilière (Home immobilier, en face de la mairie), elle connaît très bien la municipalité. Par exemple, en 2022, en réaction du projet du PLU, elle avait soumis à l'enquête une analyse détaillée d'une quinzaine de pages.

On connaît moins Monsieur Boin, qui, selon la presse (78Actu du 20 décembre), est installé à Dampierre depuis 2017. Il fait état de sa contribution à l’APESC (Association pour la protection de l’environnement et des sites de la vallée de Chevreuse), mais ne parle pas explicitement d'implications dans la vie de la commune.

Lieu d'habitation du maire :

L'argument que nous avons entendu de la part de la liste "Coeur" et répété par M. Boin, qu'un maire devrait obligatoirement habiter la commune, ne nous semble simplement pas recevable. C'est la raison avancée par Mme Palmer, qui habite maintenant La-Celle-les-Bordes, pour qu'elle ne se représente pas. Mais, comme nous venons d'observer, nous sommes au 21eme siècle, et pour aller au travail, le plus part d'entre nous font, ou ont fait, probablement bien plus que 10 km tous les jours. (Selon le site Mappy, la Celle-les-Bordes, par la route, est à 10 km de Dampierre, Cernay, où habite Mme Cauzot actuellement, est à 5, et, par comparaison, les Mousseaux, hameau de Dampierre, sont à 4.) En cas d'urgence, c'est la présence des secours qui est importante. Si c'est grave, on verra le maire sans doute à la télé quelque temps après. Habiter dans la commune ou à 10 minutes ne change rien pour sa présence quotidien dans le village.

Intérêt pour la gestion communale :

L'assiduité comme auditeurs aux séances du Conseil n'est certainement pas particulièrement pertinente comme critère. Mais nous notons que le représentant de l'ACVDY a été très agréablement surpris récemment par la présence, à une séance, de Mme Delville, colistière de M. Boin ; pour une fois il n'était pas le seul auditeur présent ! Cela pour dire que, au 21eme siècle (siècle de télé-travail, télé-consultation...), se libérer à 19h les vendredis soir ne devrait plus être le seul moyen d'assister. Je pense que les deux listes seraient d'accord qu'on pourrait facilement faire du progrès sur ce point, et que des captations et des diffusions pourraient être faites d'autres événements tels que la cérémonie des vœux.

Composition des listes :

En ce qui concerne les profils des deux listes, nous notons que les deux têtes de liste sont de même age, 40 et 41 ans. Sans avoir effectué des calculs, il nous semble que coté "Coeur", les colistiers sont en moyenne un peu plus jeune. Cela peut apporter plus de dynamisme, contrebalancé, éventuellement, par moins d'expérience et peut être moins de disponibilité en raison des obligations professionnelles. Et comme le note Mme Cauzot, beaucoup de mairies fonctionnent grâce aux jeunes retraités, comme ceux qu'on trouve sur les deux listes.

Dans l'édition papier de mercredi 17 décembre de "Toutes les nouvelles", le grand titre de l'article page 34 est Une liste sans aucun ancien élu en course.

Nous avons interrogé M. Boin sur la mise en avant de cette absence d'anciens élus dans sa liste, liste qui, par la suite, avait reçu un soutien appuyé de Mme Palmer dans la presse, quelques jours avant la cérémonie des vœux. Il nous avait répondu que cela s'est passé "comme ça" (sans rejet), que c'est la journaliste qui avait choisi le titre. Et on constate que cela avait été rattrapé dans la version en ligne dans "78Actu" datée du 20 décembre, où cet aspect passe en sous-titre.

Quant à la présence éventuelle des membres du Conseil sortant sur les listes, on observe que les trois adjoints actuels se trouvaient en 2020 dans la catégorie de "jeunes retraités" dont ils pourraient se considérer comme sortis maintenant et qui ne souhaiteraient, ou pas, reprendre pour 6 ans. Le Conseil actuel a été handicapé, pendant le mandat, par un nombre impressionnant de démissions. Mme Palmer en a fait allusion lors de ses derniers vœux ("Toute les nouvelles", 21 janvier 2026, p. 35) en disant que "six élus sur douze ont déménagé pendant la mandature". Nous ne comprenons pas comment elle a fait son calcul. En fait, il faudrait éplucher l'ensemble des PV de séance pour faire le compte exact. Et connaître les raisons d'une démission n'est pas toujours facile. Une lettre de démission est parfois lue en séance sans se trouver ensuite dans le PV. Souvent il s'agit d'une seule ligne. Mais nous pouvons très facilement faire une liste de 9 noms, que nous ne citrons pas ici, de conseillers démissionnaires. Et nous notons un cas contraire, que nous trouvons anormal, d'une conseillère qui a effective déménagé, sans démissionner, et dont le nom paraît toujours, depuis longtemps, dans les PV de séance, mais à chaque fois, dans la liste des "absents" .

L'année dernière, nous avons pu prendre contact avec un conseiller démissionnaire. Il n'a pas souhaité revenir sur ses raisons, mais il nous a dit : "pour les trois noms que vous avez cités, poser donc la question à Mme le maire". (Ce que nous n'avons pas pu faire. Aurait-elle répondu qu'ils avaient déménagé ?) La démission sans doute la plus significative, est celle, en 2022 du premier adjoint de Mme Palmer, chargé des finances. Indépendamment des affirmations de Mme Palmer qu'on peut lire maintenant dans le PV de la séance du 20 février,
(Voir :https://www.mairie-dampierre-yvelines.fr/wp-content/uploads/2026/03/2026.02.20-PV-du-conseil-municipal-du-20-fevrier-2026.pdf)
nous pouvons affirmer qu'il avait démissionné, en raison, disons, des dérives constatés lors de l'attribution de l'ancienne pharmacie à M. Gauliard. Cela a donné lieu à la plainte de l'association Anticor puis de l'interrogation de Mme Palmer par les gendarmes l'été dernier, faits qu'elle avaient donc relatés en séance du conseil.

Il est donc possible que certains des conseillers n'aient pas vécu très positivement leur expérience et n'ont pas souhaité continuer. A la séance de février, aucune voix ne s'est levé, à part celle de Mme Gonzalve qui a commenté un détail, pour corroborer les affirmations de Mme Palmer, qui s'est défendue suite aux révélations de la presse concernant Jérôme Gauliard. D'autres conseillers, en fin de la liste Palmer de 2020, des suppléants en quelque sorte en cas de démissions, ne s'attendaient visiblement pas à être nommés. A l'époque, nous avons pu contacter une de ces personnes qui a dit ne pas suivre les affaires municipales, et qu'elle allait devoir se mettre au courant. Une autre a démissionné peu de mois après sa nomination.

Côté "Coeur", il y a donc un renouvellement total. Idem côté "Agir", à part deux personnes, la tête de la liste de 2020 "Dampierre c'est vous", ainsi, donc, qu'un premier adjoint de l'ancienne équipe, démissionnaire en 2022. Mais ce sont deux personnes dont l'expérience devrait constituer, il nous semble, un atout important pour une équipe "Agir".

Projets de sentiers et PLU :

En 2023, l'ACVDY a déposé un recours contre le PLU et ses projets de sentiers, qui a été rejeté en première instance, mais nous avons fait appel. Alors, nous avons constaté avec satisfaction que le "sentier entre les deux parkings" ne fait pas partie du programme de la liste "Agir". Dans le programme de la liste "Coeur", par contre, il est présent, et dans leur document, on voit un joli croquis d'un large chemin pour piétons.
Nous l'avons commenté sur Facebook en disant que le PLU, en l'état, avec ses emplacements réservés, ne permettrait pas une telle réalisation. Monsieur Boin avait répondu, en disant, en somme, que ses intentions étaient nobles, et en demandant de nous rencontrer à ce sujet, ce qui a été fait. La base de notre remarque est que, sur 50 mètres d'un parcours d'environ 120 m le long du mur du Château, là où, assez curieusement, il n'y a pas d'emplacement réservé, la largeur disponible n'est que "1,00 m". C'est un résultat paru en 2025, issue des études des géomètres engagée par le Domaine depuis 2019 pour effectuer un bornage tout autour. Cette largeur vient d'être confirmée cette année par d'autres géomètres qui travaillent actuellement pour la mairie. Or, en milieu urbain, un cheminement pour piétons entre deux lieux de stationnement doit respecter certaines règles, dont une largeur minimum de 2,30 m. C'est la largeur qu'on constate chez des réalisations récentes comme le petit rond point à l'entrée du Château. Pour faire les expropriations nécessaires, il sera donc nécessaire de réviser le PLU. Et nous soulignons qu'un sentier réalisé entre un mur de 2 m côté Chàteau (un mur plus bas comme dans le croquis serait facile à sauter) et des haies épais côté village constituerait une sorte de tunnel, parfait pour des guet-apens. Il serait aussi un lieu très discret pouvant faciliter divers trafics par une certaine catégorie d'individus qui fréquente déjà les parakings. Monsieur Boin nous assure qu'une poursuite du projet serait accompagnée de larges consultations. Pour élaborer le projet de sentiers, à peine décrit dans le PLU, il n'y avait quasiment pas de concertation. (En fait, le Triunal administratif rejette, sur ce point particulier, notre contestation du projet, malgré les arguments pour et contre qu'on trouve dans les divers mémoires des avocats, en disant que le PLU lui-même ne contient pas un tel projet ! Sur ce point, nous sommes d'accord avec lui ; nous avons toujours déploré le manque d'une description détaillée, des études et de chiffrage.)

M. Boin nous a dit, par contre, que la partie parfois appelée "sente bucolique", longeant le mur sur plusieurs centaines de mètres en direction de Senlisse, était abandonnée. (Mais nous avons appris récemment qu'un autre projet pour une large piste cyclable sur le même parcours était en gestation aux mairies concernées.)

Circulation et sécurité en centre-village

Le programme de la liste "Agir" prévoit la création immédiate de passages pour piétons afin de sécuriser les traversées et de ralentir la circulation. C'est un aménagement demandé en vain depuis le début du mandat. La position de la liste "Coeur" est moins claire. Comme noté ci-dessus, son programme soutient le sentier entre les deux parkings. Or, ce projet imagine que, à partir du monument aux morts, pour atteindre l'église moins de 200 m plus loin et bien visible, les piétons vont descendre pour arriver au mur qu'ils vont longer sur 150 m puis remonter, en traversant ainsi deux aires de stationnement. La situation qu'on trouve pour y aller simplement en montant la Grande Rue, on la connaît partout en France : un trottoir pas très large où les véhicules qui passent sont à portée de bras. On pense à Chevreuse et à Saint Rémy, traversées par des départementales. L'essentiel est donc, plutôt que d'imaginer un contournement ayant beaucoup d'inconvénients, de pacifier la circulation dans la rue, ce qui, en plus, profite directement aux habitants de cette rue.

Le croquis du programme de la liste "Coeur" suggère, presque, une sorte de parc le long du mur, et on peut en effet imaginer un aménagement dans ce sens, réalisé par l'achat (probablement par expropriation) de nos parcelles. La hauteur nécessaire de 2m pour le mur limiterait les possibilités pour voir le Château, le principal élément d'attractivité. Mais est-que la fréquentation locale pourrait justifier un tel projet ? Et les visiteurs ne viennent pas pour voir le Château de l'extérieur de son mur d'enceinte.

Une autre possibilité d'aménagement serait, dans une politique de densification de l'habitat, de construire des logements le long du mur, si la proximité du Château ne l'interdisait pas. Dans ce cas, il pourrait bien avoir un chemin entre les deux parkings, ou plutôt une voie étroite à sens unique pour véhicules, afin de desservir les logements.

La Maison de santé Claude Dumond

La Maison de santé Claude Dumond vient de recevoir une labellisation "France santé", apportant des possibilités de financement et aussi des contraintes. Mais peut-on avoir une labellisation sans climatisation ? Car pendant la période estivale, la température peut devenir insoutenable, même hors période de canicule. Ce problème a été évoqué dès le départ dans le bulletin municipal, en parlant même de recours possibles contre les architectes et constructeurs responsables. L'année dernière, on est intervenu sur la ventilation, mais l'amélioration est à peine perceptible. Sur ce point, le programme du groupe "Agir" est clair ; il faut climatiser. Monsieur Boin semble plutôt d'accord, mais en soulignant que le coût d'une climatisation globale serait élévé, et suggérant qu'on pourrait la limiter à certaines pièces. Quant à une recherche de responsables et des poursuites afin de limiter la facture pour les contribuables dampierrois, il semblait réticent. En raison de remarques entendues sur la question générale de la recherche de responsabilités, nous pensons que ce n'est pas le cas de Mme Cauzot. Mais, dans ce dossier, la recherche de responsables pourrait mettre en cause une agence du Département, impliquée dans la réalisation, et un conseiller nous avait confié que Mme Palmer craignait de "perdre des subventions du Département" en avançant dans cette direction.

Transparence, probité, lutte contre la corruption

Comme déjà noté, le procès-verbal de la séance du Conseil municipal de 20 février vient d'être mis en ligne par la mairie.
Voir :https://www.mairie-dampierre-yvelines.fr/wp-content/uploads/2026/03/2026.02.20-PV-du-conseil-municipal-du-20-fevrier-2026.pdf
La transcription de la partie "informations" à la fin du document nous semble fidèle.

Dans cette séance, Mme Palmer intervient assez longuement au sujet de la plainte de l'association Anticor contre elle pour favoritisme. Pour information, voici comment Anticor procède, selon une newsletter de novembre 2025 :

Anticor intervient dans des affaires où elle a, souvent, l'initiative, en saisissant un procureur pour qu'il ouvre une enquête préliminaire et saisisse un juge d'instruction ou directement le tribunal correctionnel. L'association intervient aussi en cas de blocage, lorsqu'un classement sans suite est intervenu, mais également quand les instructions n'avancent plus. Il arrive enfin qu'Anticor se constitue partie civile à l'audience, parce qu'il n'y a pas de partie civile ou parce que la seule partie civile est la collectivité dirigée par le prévenu qui risque de ne pas être trop dure avec lui.

On voit donc qu'une collectivité peut agir en justice contre un dirigeant. Nous ignorons quelles pourraient être les politiques des deux listes à ce sujet.

On trouve, sur le site de la mairie, un lien vers la "Charte des élus", et dans un fascicule que nous avons transmis aux deux listes, les "Propositions Ethiques d'Anticor pour les Eletions municipales de 2026", l'association prône "l'application effective de la charte de l'élu local". En condensé :

1. L’élu local exerce ses fonctions avec impartialité, diligence, dignité, probité et intégrité.
2. Dans l’exercice de son mandat, l’élu local poursuit le seul intérêt général, à l’exclusion de tout intérêt personnel ou particulier.
3. L’élu local veille à prévenir et à faire cesser immédiatement tout conflit d’intérêts.
4. L’élu local s’engage à ne pas utiliser les ressources et moyens mis à sa disposition à d’autres fins.
5. L’élu local s’abstient de prendre des mesures lui accordant un avantage personnel ou professionnel futur après son mandat.
6. L’élu local participe avec assiduité aux réunions de l’organe délibérant.
7. L’élu local, issu du suffrage universel, rend compte de ses actes et décisions devant les citoyens.

En matière de transparence des dépenses public, l'association Anticor note que :

Malgré l'obligation légale issue de la loi pour une République numérique (2016), seulement 10 % des collectivités publient leurs données en open data, ce qui limite le contrôle citoyen et la lutte contre la corruption.

Elle collabore avec une plateforme web (https://eclaireurpublic.fr/) qui, "face à un budget annuel de 65 milliards d'euros (commande publique et subventions)" permet de "rechercher et d'analyser les données disponibles, détecter d'éventuelles anomalies, identifier les manques de publication et interpeller les collectivités concernées". Sur cette plateforme, Damperre n'est pas bien noté. Cependant, l'ACVDY est reconnaissant d'avoir pu obtenir des copies du "grand livre" de comptabilité pour les années 2023 et 2024, et nous venons d'en faire la demande pour 2025.

Les relations avec le Domaine.

Dampierre vient d'être sélectionné pour représenter l'Ile de France dans le concours "Village préféré des Français". En séance du Conseil, Mme Palmer avait expliqué comment cela s'est passé : un appel de l'équipe de France TV en décembre concernant la sélection, puis un autre en janvier confirmant la sélection. Elle a parlé de filmages, et en effet, on vient de voir passer, mercredi 4 mars, un reportage de France 3, journal 12-13, où elle est interviewée. On voit également Mme Gonzalve, guide au Château. Mais au conseil, Mme Palmer n'a pas cité le Château une seule fois, malgré le fait que, a priori, ce serait M. Mulliez à l'origine de l'opération. Ceci semble indiquer que les relations entre le Château et le village soient actuellement plutôt "compliquées". Les programmes des deux listes indiquent qu'elles chercheraient une amélioration et des rapports équilibrés. Un problème potentiel à gérer pourrait être, suite à la couverture de la presse de l'affaire Guliard, des titres comme "Un Village préféré touché par un scandale ?".

Quant aux démissions les plus significatives, l'année dernière, nous avons pu prendre contact avec un conseiller démissionnaire. Il n'a pas souhaité revenir sur ses raisons, mais il nous a dit : "pour les trois noms que vous avez citées, poser donc la question à Mme le maire". (Ce que nous n'avons pas pu fare. Aurait-elle répondu qu'ils avaient déménagé ?) Cependant, en matière de démissions significatives, nous savons, indépendamment des affirmations de Mme Palmer pendant la séance du Conseil du mois dernier, que, en 2022, le premier adjoint chargé des finances, M. Metzger, membre maintenant de la liste Agir", avait démissioné, en raison, disons, des derives constatés lors de l'attribution de l'ancienne pharmacie à M. Gauliard. Celà a donné lieu à la plainte de l'association Anticor puis de l'intérrogation de Mme Palmer par les gendarmes l'été dernier, faits qu'elle avaient relatés en séance.